Méthodologie : cet article a été rédigé par vibe architectes sur la base de sources publiques fédérales et cantonales consultées au 2 juillet 2026, puis relu par la fiduciaire SanTroZap.

Lorsqu'un propriétaire envisage de remplacer un chauffage, refaire une toiture, isoler une façade, changer des fenêtres ou installer des panneaux solaires, une question revient très vite : jusqu'à quand ces travaux restent-ils fiscalement déductibles ?

En Suisse, la réponse est désormais plus claire. La réforme liée à la suppression de la valeur locative a une date d'entrée en vigueur fixée. Et cette réforme ne change pas seulement un revenu fictif dans la déclaration d'impôt : elle modifie aussi en profondeur les déductions liées aux travaux et aux intérêts hypothécaires y relatifs.

Ce qui change à partir de 2029

Le Conseil fédéral a fixé au 1er janvier 2029 l'entrée en vigueur de la réforme de l'imposition du logement. À cette date, les logements occupés par leur propriétaire ne seront plus imposés sur leur valeur locative.

Cette réforme concerne les logements occupés à titre de résidence principale par leur propriétaire. Le traitement des résidences secondaires suit des règles distinctes et doit être vérifié au cas par cas avec la fiduciaire.

Mais la contrepartie est importante : pour les propriétaires occupants, la déduction des frais d'entretien sera supprimée aux niveaux fédéral, cantonal et communal. Les biens loués ou affermés restent, eux, dans une logique différente, puisque leurs revenus locatifs demeurent imposables.

Autrement dit, le changement ne se résume pas à une baisse ou une hausse d'impôt selon les situations. Il modifie aussi la manière de planifier une rénovation, d'échelonner des travaux et d'arbitrer entre entretien, transformation et assainissement énergétique.

Jusqu'à quand les travaux restent-ils déductibles ?

Le droit actuel reste applicable jusqu'à la fin de l'année 2028. Pour un propriétaire qui occupe lui-même son bien, cela signifie qu'il est encore possible, selon les règles actuelles, de déduire les frais d'entretien, les intérêts passifs et les dépenses destinées à économiser l'énergie.

En pratique, cela concerne les périodes fiscales 2026, 2027 et 2028. Pour les projets déjà envisagés, cette fenêtre de temps compte. Parce qu'en rénovation, les décisions ne se prennent pas au moment de la facture seulement : elles se préparent en amont, avec les études, les autorisations, les appels d'offres, le calendrier de chantier et la coordination des interventions.

Il faut aussi rappeler un point souvent mal compris : en droit actuel, tous les frais immobiliers ne suivent pas les mêmes règles. Les autres frais d'entretien se déduisent en principe l'année de leur facturation, tandis que certains investissements énergétiques et certains frais de démolition peuvent, sous conditions, être reportés sur les deux années fiscales suivantes. C'est précisément le type de point qui doit être validé au cas par cas avec la fiduciaire.

Quels travaux sont les plus concernés ?

Dans les dossiers de rénovation, les postes les plus souvent concernés par ces arbitrages fiscaux sont notamment les suivants :

  • l'isolation thermique de la façade, de la toiture ou du sol ;
  • le remplacement des fenêtres par des modèles plus performants ;
  • le renouvellement du système de chauffage ;
  • le raccordement à un chauffage à distance ;
  • l'installation d'une pompe à chaleur ;
  • la pose d'une installation solaire photovoltaïque.

Ces interventions ne doivent pas être pensées uniquement comme une ligne fiscale. Elles relèvent d'abord d'une stratégie de projet : valeur patrimoniale du bien, confort d'usage, performance énergétique, contraintes réglementaires, phasage des travaux, budget global et horizon de détention.

Après 2029, tout disparaît-il ?

Pas exactement.

Au niveau de l'impôt fédéral direct, les investissements destinés à économiser l'énergie et à ménager l'environnement ne seront plus déductibles pour les logements occupés par leur propriétaire. En revanche, la réforme laisse aux cantons la possibilité de maintenir de telles déductions de manière limitée dans le temps.

Il faudra donc distinguer deux choses qui sont souvent mélangées :

D'une part, la déduction fiscale.
D'autre part, les subventions.

La fin annoncée d'une partie des déductions ne signifie pas la disparition des aides publiques à la rénovation énergétique. Dans le canton de Vaud, le Programme Bâtiments continue à soutenir l'isolation, certaines rénovations et le remplacement des chauffages. Pour le photovoltaïque, des aides fédérales existent également via Pronovo.

En clair : après 2029, la logique ne sera probablement plus "je déduis fiscalement mes travaux comme aujourd'hui", mais davantage "je combine intelligemment projet architectural, subventions disponibles et stratégie patrimoniale".

Ce que cela change concrètement pour un projet de rénovation

Pour un propriétaire, la bonne question n'est donc pas seulement : est-ce que je peux encore déduire ?

La vraie question est plutôt : à quel moment mon projet doit-il être étudié, autorisé, chiffré et réalisé pour rester cohérent fiscalement et architecturalement ?

Entre une idée de rénovation et un chantier réellement lancé, plusieurs mois peuvent s'écouler. Et lorsqu'un permis est nécessaire, que des détails techniques doivent être arbitrés ou que plusieurs entreprises interviennent, le calendrier devient une donnée de projet à part entière.

C'est particulièrement vrai pour les rénovations globales, les transformations lourdes ou les assainissements énergétiques menés en parallèle d'autres travaux : extension, réorganisation intérieure, réfection de toiture, amélioration des extérieurs ou mise en conformité technique.

Le rôle de l'architecte et de la fiduciaire

Chez vibe architectes, nous voyons souvent la même situation : un propriétaire sait qu'il doit rénover, mais hésite entre faire vite, faire juste, ou attendre. Or, un projet réussi ne consiste ni à courir après une échéance fiscale, ni à traiter la technique indépendamment de l'usage.

Le bon réflexe consiste à faire travailler ensemble l'architecte et la fiduciaire. L'architecte structure le projet, le phasage, les autorisations, les priorités techniques et la cohérence d'ensemble. La fiduciaire, elle, valide le traitement fiscal concret selon votre situation personnelle, votre canton, le type de bien, la date des factures et la qualification des dépenses.

C'est précisément dans cet esprit que cet article a été préparé pour le blog de vibe architectes, puis relu par la fiduciaire SanTroZap.

En résumé

Oui : la réforme est désormais datée. Pour les propriétaires occupants en Suisse, le cadre actuel reste applicable jusqu'à fin 2028. Dès 2029, le système change en profondeur, avec la suppression de la valeur locative mais aussi celle de plusieurs déductions liées aux travaux.

Pour les projets de rénovation, cela signifie une chose simple : mieux vaut anticiper que subir. Non pas pour faire des travaux dans la précipitation, mais pour les penser au bon moment, avec la bonne stratégie et les bons partenaires.

Vous envisagez une rénovation énergétique, une transformation ou une rénovation globale dans le canton de Vaud ou en Suisse romande ? Nous pouvons vous accompagner dès les premières réflexions, en lien avec vos enjeux techniques, réglementaires et patrimoniaux.

Sources utilisées